2B - Tox
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Situé sur un éperon rocheux dominant la plaine orientale, Tox (ou Tossu en corse) est un village de Haute-Corse qui incarne parfaitement l'âme de la région de la Bravone. Son histoire est un mélange de résilience pastorale, de culture d'oliviers et d'une situation stratégique entre mer et montagne.
Le nom de Tox pourrait dériver d'une racine pré-latine ou ligure, évoquant souvent la hauteur ou le rocher. Comme beaucoup de villages de la micro-région de l'Oriente, le site a probablement été occupé dès l'Antiquité, servant de point de vigie pour surveiller les incursions venant de la mer Tyrrhénienne.
Au Moyen Âge, Tox faisait partie de la piève de Verde. À cette époque, l'habitat était dispersé. Le village actuel s'est structuré autour de la défense et de l'exploitation des ressources locales. La culture de l'olivier et de la vigne était prédominante. Les bergers pratiquaient la transhumance entre les plateaux d'altitude et la plaine.
Sous la domination de la République de Gênes (du XIVe au XVIIIe siècle), Tox s'est consolidé. C'est de cette période que datent de nombreuses maisons de granit aux murs épais, construites pour durer et se protéger. L'église Saint-Jean-Baptiste est le monument central du village dont l'architecture témoigne de l'importance religieuse et sociale de la paroisse au XVIIe siècle.
Pendant les guerres d'indépendance corse (1729-1769), Tox, comme ses voisins Campi et Tallone, a vécu les tensions entre les partisans de Pascal Paoli et les troupes génoises puis françaises. La région était un point de passage stratégique pour contrôler l'accès entre Corte (la capitale historique) et la côte.
Au XIXe siècle, Tox connaît son apogée démographique. Le village est alors une communauté dynamique avec ses artisans, ses pressoirs à huile et ses moulins. Cependant, comme beaucoup de villages de l'intérieur de l'île, le XXe siècle a été marqué par l'exode rural engendrant le départ des jeunes vers les villes (Bastia, Ajaccio) ou le continent (Marseille) et la Grande Guerre qui a durement touché la population masculine du village.
Ce village de Haute-Corse était autrefois le centre incontesté de la culture du Cédrat. Cet agrume fit la fortune des habitants à la fin du XIXe et début du XXe siècles. En 1892, la Corse en était le premier producteur et exportateur mondial. Puis la Grèce et Porto-Rico prirent le relais. La production corse s’écroula alors, remplacée peu à peu par la viticulture dans le Cap-Corse.
Aujourd'hui, Tox est un village qui a su préserver son patrimoine architectural. Il est particulièrement réputé pour sa vue panoramique : On peut souvent apercevoir les îles de l'archipel toscan par temps clair. Son calme est également très apprécié. C'est un lieu prisé pour le "tourisme vert" et ceux qui cherchent à s'immerger dans la Corse authentique. Son artisanat est toujours présent, notamment la production d'huile d'olive de qualité, héritage direct de son passé agricole.
Tox se trouve sur le territoire de la "Costa Verde", une zone qui combine la richesse des forêts de châtaigniers et la proximité immédiate des plages de sable fin.