XVIe / 1599 / Cagnano – Tour de Losse
Cagnano – Tour de Losse (juin 2021). Photo © François Fiette.
Coordonnées GPS : Altitude (données GPS) : ± 23 m.
42.861066, 9.481050 ou 42°51'39.8"N 9°28'51.8"E
Adresse : D80, 20228 Cagnano. Inscrite/Classée Monument Historique : Oui.
Le site
La tour se trouve en surplomb de quelques mètres de la D80. Il est possible de stationner à ses pieds sur une petite surface en front de mer, principalement indiquée pour les motos, mais attention vous êtes très proche de la chaussée. Il n’est pas vraiment possible de se garer avant ou après la tour sur des parkings plus grands et de marcher car vous seriez en danger directement sur la route.
Cette tour est mentionnée parce qu’elle va vous « sauter aux yeux » lors de votre passage sur la D80, et parce qu’elle est bien conservée. S’arrêter n’offre que peu d’intérêt pour le moment, sauf pour les photographes qui vont se régaler.
Un peu d’histoire
Les habitants du Cap-Corse paient la construction de cette tour en 1599. Ce sont eux également qui rétribuent les « Torregiani » assurant la surveillance maritime. Ils viennent s’y réfugier en cas d’attaque. Son diamètre est de 11 mètres et ses murs ont une épaisseur de 2,10 mètres. 25 mâchicoulis la couronnent.
Les premières tours littorales, construites par dizaines, datent du XVIe siècle avec pour fonction une veille permanente afin d’aviser des dangers arrivant de la mer, des pirates essentiellement. Elles ne sont pas conçues pour mener une contre-attaque.
En 1619, Gênes envoie des inspecteurs vérifier les tours du Cap Corse. Celle de Losse est alors décrite comme de bonne facture et armée d’une petite pièce d’artillerie, d’un mousquet et de trois kilos de poudre. Dans la roche du sous-sol de la tour est directement creusée une cavité servant de dépôt d’armes et d’explosif. Une citerne d’eau potable assure les besoins des gardiens. Mais en 1654, d’autres inspecteurs rapportent qu’elle est délaissée, que d’importants travaux sont urgents et que la discipline des gardiens (les Terrogiani) est plus que douteuse, alors que depuis l’an 1612 leur absence peut être sanctionnée de deux ans aux galères puis de cinq ans en 1664. Les armes ont « disparues ».
Les frais de fonctionnement et d’entretien de la tour de Losse sont alors conséquents et ne peuvent être pris en charge par la seule commune de Cagnano qui devait en plus assurer la garde de la tour de Santa Severa à Luri. Des querelles naissent entre villages et des procès sont lancés.
En 1713, la tour de Losse est jugée très dégradée.
Au XVIIIe siècle, sous domination française, les Ponts et Chaussées sont chargés de son entretien. L’administration des Domaines prend la suite puis la vend à un particulier éclairé qui assure son entretien. Elle est classée Monument Historique en 1927. Son dernier possesseur privé (achetée en 1913 par Antoine Ambrosi, professeur agrégé au lycée de Bastia) la donne à la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse (SSHNC).
La tour est restaurée en 1978 et 1980. C’est l’une des mieux conservées des tours du Cap-Corse. Malheureusement, des infiltrations la rongent et la dégradent. Depuis 2023 la SSHNC cherche à la céder à la Collectivité de Corse afin que des travaux soient réalisés, estimés à 450 000 €. L’ouverture au public n’est pas envisagée à ce stade, ni le transfert au privé. Des travaux de consolidation urgente ont débuté en 2025. En effet, des fissures importantes fragilisaient le bâti, des pierres commençaient à tomber sur la route et deux arbres avaient décidé de s’installer sur la terrasse sommitale !
La commune de Cagnano prévoit ultérieurement un sentier menant directement à la tour qui sera visitable.
En 2024, la Collectivité de Corse était propriétaire de 12 tours génoises qu’elle se doit d’entretenir. 15 tours sont du ressort du Conservatoire du littoral, 13 sont communales et 10 sont sous l’égide de l’État. 29 tours appartiennent au privé (majoritairement des ressortissants allemands). 67 sont spécifiquement littorales.
Pour plus de précisions concernant les tours génoises de Corse, se référer dans cet ouvrage à « 2B – Ogliastro, tour d’Albo ».
Cagnano - Tour de Losse - Aquarelle de © Jean-Marc Durastanti.
(Notez les deux petits motards qui cadrent parfaitement avec l'Atlas et ce site !)