2B - Castellare-di-Casinca
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Situé sur un éperon rocheux dominant la plaine orientale de la Corse, Castellare-di-Casinca est un village qui condense toute l'âme de la région de la Casinca. Son histoire est celle d'un site stratégique, oscillant entre protection médiévale et essor agricole.
Le nom même du village, Castellare, indique la présence ancienne d'une fortification (un "castello"). Au Moyen Âge, l'implantation sur les hauteurs n'était pas un choix esthétique, mais une nécessité vitale. La position permettait de surveiller la mer Tyrrhénienne et de se protéger des incursions barbaresques et des pirates. Ce village médiéval, construit autour d’une tour centrale a été attaqué plusieurs fois par les Turcs en 1540 puis par les Génois en 1554. S'installer en hauteur permettait également d'échapper à la malaria qui sévissait alors dans les plaines marécageuses en contrebas.
Le bourg a longtemps été sous l'influence des seigneurs locaux avant de passer, comme le reste de l'île, sous administration génoise qui en a fait un centre agricole majeur. Castellare se développe grâce à la culture des céréales, de la vigne et surtout de l'olivier.C'est à cette époque que le village prend son aspect actuel, avec ses maisons hautes en schiste gris et ses ruelles étroites (les carrughji) conçues pour bloquer le vent et les assaillants.
L'histoire de Castellare-di-Casinca est indissociable de son patrimoine sacré, véritable témoin du passé médiéval : l'église paroissiale Saint-Pancrace (San Pancrazio) et l'église romane San Pancrazio (X-XIe siècle), située un peu à l'écart.
La Casinca est souvent surnommée la "Terre des Seigneurs". Castellare, avec sa vue imprenable sur l'archipel toscan (Elbe, Montecristo), était un poste d'observation privilégié pour la noblesse locale.
Au XXe siècle, comme beaucoup de villages corses, Castellare a vu sa population se déplacer partiellement vers la plaine (Anghione) pour se rapprocher des axes de communication et des terres agricoles mécanisables. Cependant, le "Vughju" (le vieux village) est resté remarquablement préservé, conservant son authenticité loin de l'urbanisation massive. Le développement de Bastia a fait en sorte que Castellare-di-Casinca ne se désertifie pas lors de l’exode rural. Sept cents habitants y résident de nos jours.