2B - Sisco
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Situé dans le Cap Corse, Sisco est une commune qui s'étire de la mer jusqu'aux sommets montagneux. Son histoire est celle d'une piève (circonscription religieuse et administrative) prospère, marquée par la protection des côtes et une ferveur religieuse profonde.
L'occupation du site remonte à l'Antiquité, mais c'est au Moyen Âge que Sisco structure son territoire. À l'époque médiévale, Sisco était le centre d'une "piève", regroupant plusieurs hameaux. L'habitat s'est développé sur les hauteurs pour se protéger des incursions maritimes. Le territoire a été l’objets de violents affrontements entre grandes familles de seigneurs locaux (les Da Mare et les Gentili) avant de passer sous l'administration de la République de Gênes.
Sisco, village antique, était au Moyen Âge une des rares localités de Corse versées dans la métallurgie. À cette époque des forgerons, des orfèvres et des armuriers y officiaient. Des armures étaient façonnées ici.
L'histoire de Sisco est indissociable de la religion, notamment grâce à la présence du Couvent de Sainte-Catherine (Santa Catalina). La légende (et l'histoire) raconte qu'au XIIe siècle, un navire transportant des reliques sacrées fut forcé par une tempête de s'abriter dans la marine de Sisco. Les marins y virent un signe divin et confièrent des reliques à l'église locale. Le couvent est devenu un lieu de pèlerinage majeur en Corse, attirant des fidèles de toute l'île.
Comme tout le littoral corse, Sisco a dû faire face aux raids des pirates barbaresques entre le XVe et le XVIIe siècle. Pour prévenir les populations des attaques, une tour de guet génoise fut érigée sur le littoral (la marine). Les maisons des hameaux de montagne (comme Balba ou Chioso) conservent souvent un aspect fortifié, avec des murs épais et des petites ouvertures pour se protéger des pillards.
Les bourgs entourant Sisco ont dédié en général leurs activités à la mer. Sisco s’est organisé à l’inverse en une société agropastorale (hydrologie importante) et artisanale. En 1771, on y dénombrait selon Jean Noaro « dix moulins à grains et à olives, une tannerie, des forges et des ateliers pour les outils, les armes, les bijoux, exportés dans toute l’île, les aiguilles, des fabriques de draps, de toile, de dentelles. C’était hier ».
Au XIXe siècle, le village connaît une transformation sociale importante avec l'émigration. De nombreux habitants partent tenter leur chance au Venezuela, au Mexique ou à Porto Rico. Ceux qui y ont fait fortune (surnommés les "Américains") reviennent au village et font construire de somptueuses demeures bourgeoises, les Palazzi, qui contrastent avec l'architecture traditionnelle en schiste et lauze.
Sisco est aujourd'hui l'une des communes les plus dynamiques du Cap Corse, ayant su préserver ses 17 hameaux historiques. Elle est souvent citée comme la "vallée aux deux visages" : une marine active tournée vers la mer et un arrière-pays montagneux qui garde les traces d'une vie pastorale et agricole autrefois dominante (vignes, oliviers et châtaigniers).