2A - Moca-Croce
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Situé au cœur de la vallée du Taravo, en Corse-du-Sud, le village de Moca-Croce est un condensé d'histoire rurale, de traditions pastorales et de résistance. Son patrimoine témoigne d'une occupation humaine très ancienne et d'une organisation sociale typique de la "Terre des Seigneurs".
L'occupation du site remonte bien avant l'ère chrétienne, comme en témoignent les vestiges archéologiques environnants (notamment les sites préhistoriques du bas-Taravo).
Au Moyen Âge, la région appartient à l'au-delà des monts (Cismonte), une zone dominée par des seigneurs féodaux puissants. Le village actuel est issu de la fusion de deux hameaux distincts : Moca et Croce. Cette configuration en "hameaux" est classique en Corse, permettant de surveiller les terres agricoles tout en restant à l'abri sur les hauteurs.
La tradition orale enseigne qu’une bataille sanglante a opposé ici Chrétiens et Sarrasins.
Moca-Croce faisait partie de la pieve de Talavo. Historiquement, le village était sous l'influence de la famille d'Istria, l'une des plus illustres lignées de la noblesse corse. Ces seigneurs régnaient sur une grande partie de la vallée du Taravo depuis leurs places fortes (comme le château de Valle). Le village a souvent été le théâtre de luttes d'influence entre les seigneurs locaux et la République de Gênes, qui cherchait à asseoir son autorité sur l'intérieur de l'île.
Pendant la guerre d'indépendance corse (1729-1769), Moca-Croce ne reste pas en marge. Comme beaucoup de villages du Taravo, il soutient activement Pascal Paoli. Les hommes du village participent aux milices nationales pour repousser les troupes génoises puis françaises.
Au XIXe siècle le village prend son visage actuel. L'économie est alors basée sur La culture de l'olivier. On y produisait une huile réputée. Les bergers de Moca-Croce déplaçaient leurs troupeaux entre les estives de haute montagne et les plaines littorales. Le village comptait de nombreux forgerons et tailleurs de pierre.
Il Cioccio (le hibou) de la famille Luciani était un bandit de Moca au XIXe siècle. « Traits hideux et extérieurs repoussants », il terrorisait les villageois. En un an, trois tentatives d’assassinats lui furent imputées. En 1838 il tua le prêtre Giacomo-Andrea Susini, qui tentait de calmer ses ardeurs assassines, de trois coups de feu alors que ce dernier administrait la messe !
Mocà et Croci étaient deux villages distincts éloignés par moins de deux kilomètres auparavant. Une vendetta étalée sur plusieurs générations les a endeuillés.
Moca-Croce est également célèbre pour avoir été le lieu de naissance de personnalités liées à la politique et à la culture corse, renforçant son image de village de caractère, fier de son identité montagnarde. Aujourd'hui, la commune s'attache à préserver ce patrimoine tout en développant un tourisme vert respectueux de son histoire.