2A - Aullène
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Le nom "Aullène" viendrait du latin avellana (noisette) ou d'une racine pré-latine liée à la hauteur. Le village est d'ailleurs célèbre pour ses châtaigniers et ses noisettes qui nourrissaient autrefois les populations locales.
À environ 850 mètres d’altitude, au cœur de l’Alta Rocca, Aullène (Aullè en corse) est un village à l'histoire pastorale témoignant de la résistance de l'île. C’est un lieu où l'architecture de granit raconte des siècles de transhumance et de vie montagnarde.
Bien que des traces d'occupation préhistorique existent dans les environs (comme sur le plateau du Pianu d'Usciolu), Aullène se structure véritablement au Moyen Âge. Le village faisait historiquement partie de la piève (circonscription religieuse et administrative) de Tallano. Comme une grande partie du sud de la Corse, la région a été le théâtre de luttes entre les seigneurs locaux (les Cinarchesi) et les puissances génoises qui cherchaient à stabiliser l'intérieur des terres.
L'histoire d'Aullène est indissociable de celle de Monacia-d'Aullène. Pendant des siècles, les bergers d'Aullène pratiquaient la transhumance inversée. L'été, ils vivaient dans les montagnes d'Aullène pour la fraîcheur des pâturages. L'hiver, ils descendaient avec leurs troupeaux vers les plaines littorales plus douces de Monacia. Ce mouvement saisonnier a fini par créer un second village permanent sur la côte, qui est devenu une commune indépendante en 1864.
Au XIXe siècle, Aullène connaît une apogée démographique et économique. Situé sur la route reliant Propriano à Corte, le village devient un point de passage important. C'est à cette époque que sont construites les grandes maisons de maîtres en granit gris, hautes et austères, qui donnent au village son allure noble et robuste.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bourg s'est illustré par son engagement. Le village a été un centre névralgique pour les maquisards de l'Alta Rocca. Grâce à sa position géographique escarpée et à la détermination de ses habitants, la région a joué un rôle crucial dans les combats pour la libération de la Corse en septembre 1943, faisant de l'île le premier département français libéré.
De tradition pastorale, la commune possède des passages voûtés et de vieilles maisons de caractère. Elle se situe sur la première route ayant relié Bonifacio à Corte.
Les environs boisés sont propices aux balades, mais attention, les routes alentour font partie des sorties préférées des cochons « sauvages » se déplaçant généralement en groupe.