2B - Poggio-d'Oletta

 

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Le village surplombe le golfe de Saint-Florent.

Dominé par le Monte Sant'Angelo, Poggio-d'Oletta (ou U Poghju d'Oletta) est un village du Nebbiu dont l'histoire s'étend de la préhistoire à la résistance corse. Entre oliviers et vignes, ce territoire a été un carrefour religieux et seigneurial majeur.

L'occupation du site est extrêmement ancienne. Les fouilles réalisées à l'abri de Scafa Piana ont révélé une présence humaine dès le Néolithique moyen (vers 3400 av. J.-C.). On y a retrouvé des traces de vanneries (silos à grains) et des noyaux d'olives, prouvant que la culture de l'olivier existait bien avant l'arrivée des Grecs.

À l'époque romaine, le site était déjà un lieu d'échanges, comme en témoignent les vestiges de céramiques et d'outillage retrouvés au pied des montagnes.

Du VIIe au XIIIe siècle, le village se structure autour de la foi et des luttes de pouvoir. Dès le VIIe siècle, après la création de l’évêché du Nebbiu, de nombreuses chapelles voient le jour en plaine (San Petru, San Vittoriu). La chapelle San Quilico (XIe siècle), classée monument historique, est l’un des plus beaux exemples d’art roman de la région.

Au XIIe siècle, des commerçants enrichis, les sires de Bagnaia, deviennent seigneurs. Ils administrent la région depuis leurs châteaux (Castelli) et s'opposent souvent aux seigneurs voisins pour le contrôle des terres d'Oletta.

L'histoire du village est marquée par la figure héroïque de Maria Gentile lors des guerres pour l'indépendance contre la France. En 1769, après la bataille de Ponte-Novo, son fiancé fait partie des insurgés roués vifs et exposés sur la place du village d'Oletta par les troupes françaises du comte de Vaux. Bravant l'interdiction de donner une sépulture aux condamnés sous peine de mort, Maria Gentile récupère le corps de son fiancé la nuit pour l'enterrer dignement. Son courage impressionna tant les autorités françaises qu'elle fut graciée, devenant un symbole de piété et de résistance. Sa maison en ruine est encore visible au hameau de Munticellu. Voir pour plus de précisions « Sites de Haute-Corse/2b-oletta/XIIe, ancien-couvent-Saint-François ».

Le nom du village a évolué au fil des siècles : Vers 1520, la piève d'Oletta comptait environ 1 000 habitants répartis dans plusieurs hameaux comme lo Poggio, lo Monticello ou Grigogna. En 1793, sous la Révolution française, la commune s'appelle simplement Poggio. En 1801 le nom définitif de Poggio-d'Oletta est adopté pour la distinguer des autres "Poggio" de l'île.

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