2B - Erbajolo
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Le village s’est édifié autour d’un couvent du XVIe siècle. La tradition orale rapporte que dans les environs d’Erbajolo, une sanglante bataille aurait vu s’affronter Corses et Barbaresques. Les Corses en seraient sortis vainqueurs.
Erbajolo est un village de Haute-Corse qui incarne parfaitement l'âme du Bozio, une région de moyenne montagne réputée pour son caractère austère, son histoire pastorale et son rôle central dans la résistance culturelle corse.
Voici les grandes étapes et caractéristiques de son histoire :
Le nom Erbajolo dérive du mot corse erba (herbe), suggérant un lieu riche en pâturages. Historiquement, le village s'est construit sur un éperon rocheux, une position stratégique typique pour surveiller les vallées environnantes et se protéger des incursions.
Au Moyen Âge, Erbajolo faisait partie de la Pieve de Rogna. La région était sous l'influence de seigneurs locaux (les "Cinarchesi") avant de passer sous l'administration de la République de Gênes. Le village s’est alors structuré autour de maisons hautes en pierre de schiste, serrées les unes contre les autres pour la défense. C'est à cette époque que le patrimoine religieux commence à s'ancrer, avec des édifices romans qui témoignent d'une foi profonde et d'une organisation sociale stricte telle que l’église San Martino (Saint-Martin). C'est un chef-d'œuvre de l'art roman pisan (XIe-XIIe siècles). Sa façade est d'une sobriété élégante, typique de cette période où la Corse était sous influence de Pise. Elle représentait le centre spirituel de la communauté et demeure aujourd'hui l'un des monuments les plus photographiés de l'intérieur de l'île pour sa pureté architecturale.
Erbajolo appartient historiquement à la Terra di Comune (au nord d'une ligne reliant Ajaccio à Solenzara). Contrairement au sud féodal, cette région a développé très tôt un système social plus égalitaire, basé sur la gestion commune des terres et des pâturages. Le village a vécu principalement de la culture de la châtaigne (l'arbre à pain) et de l'élevage caprin et ovin.
Le Bozio, dont fait partie Erbajolo, a toujours été un foyer de résistance. Au XVIIIe siècle, lors des guerres contre Gênes puis en opposition à la France, les hommes d'Erbajolo ont souvent rejoint les rangs des troupes de Pascal Paoli.
Le village est situé dans une zone où le chant polyphonique (la Paghjella) est resté le plus pur. L'histoire d'Erbajolo se transmet autant par les archives que par la mémoire des anciens et le chant.
Comme beaucoup de villages de l'intérieur, Erbajolo a souffert de l'exode rural massif après la Première Guerre mondiale. Cependant, le village a su préserver son authenticité. De nombreux efforts ont été faits pour restaurer le bâti ancien et l'église San Martino. C'est aujourd’hui un lieu privilégié pour le tourisme vert et culturel.
Les maisons d'Erbajolo sont souvent construites directement sur le rocher, utilisant le schiste local, ce qui donne au village cette couleur grise si particulière qui se fond dans le paysage de la vallée du Tavignano.
La faune et la flore y sont particulièrement protégées par le label Zone d’Intérêt Écologique de la commune. Une table d’orientation située en nid d’aigle à proximité de la chapelle Saint-Christophe permet d’admirer les vallées et les monts environnants.
Étonnamment, Erbajolo est aussi un lieu de regroupement des férus de l’histoire des Cathares. En effet, le village possède plusieurs vestiges siglés des signes de cette doctrine d’origine chrétienne.