2B - Piazzole

 

Les sites sélectionnés dans cette ville sont accessibles dans un menu déroulant situé à la droite de son onglet.

 

Les Génois doivent se souvenir du village de Piazzole, inséré dans la Castagniccia, car c'est ici que prit naissance la révolte contre la République de Gênes au XVIIIe siècle.

Situé au cœur de la Castagniccia, dans la piève d'Orezza, le village de Piazzole (E Piazzole) est une commune de Haute-Corse au passé singulier. Bien que discret, il possède une identité forte liée à l'histoire tourmentée de la région et à ses légendes locales.

Selon la tradition orale, le village actuel n'est pas le site originel de l'implantation humaine. Les habitants vivaient initialement à Francolaccia, un ancien hameau situé plus haut. Deux raisons insolites auraient poussé la population à abandonner ce premier site au profit de Piazzole (probablement au début du XVIIe siècle) : l’eau devenue trop rare pour faire vivre la communauté et l'invasion des "furmiguloni". En effet, une légende raconte que des colonies de grosses fourmis noires auraient envahi les habitations, rendant la vie impossible et forçant les villageois à utiliser les pierres de leurs anciennes maisons pour rebâtir le village actuel.

Le monument le plus emblématique est l'église paroissiale de l'Annunziata (XVIe siècle), classée Monument Historique. Elle recèle un trésor d'artisanat local : une porte sculptée en bois de châtaignier d'une finesse remarquable. La légende raconte qu'elle aurait été ciselée au couteau par un bandit repenti. Ce dernier, cherchant refuge, se serait caché pendant des mois dans l'église et aurait réalisé ce chef-d'œuvre en signe de gratitude ou de pénitence.

Comme l'ensemble de la piève d'Orezza, Piazzole a été au centre des révoltes corses contre la domination génoise au XVIIIe siècle. Cette région, difficile d'accès et protégée par ses denses forêts de châtaigniers, servait de refuge et de base arrière aux troupes de Pasquale Paoli.

Historiquement, la vie à Piazzole reposait sur la "culture du pain", c’est-à-dire le châtaignier. Le village a conservé une vocation artisanale longtemps marquée par le travail du bois. Il abrite également des édifices religieux restaurés par la ferveur des villageois, comme la chapelle Saint-Pierre-aux-Liens. Fait notable pour une petite commune, elle a connu un regain de vitalité à partir des années 1980, restant l'un des villages les plus habités de la vallée d'Orezza proportionnellement à sa petite superficie (la plus petite de Haute-Corse avec seulement 3,86 km²). L’hiver, une cinquantaine d’âmes y résident.

Évaluation: 5 étoiles
1 vote