2B - Campile

 

Les sites sélectionnés dans cette ville sont accessibles dans un menu déroulant situé à la droite de son onglet.

 

Situé au cœur de la Castagniccia, dans la pieve de Rostino, Campile est un village qui incarne l'âme de la Corse rurale et historique. Son histoire est un mélange de résilience pastorale, de ferveur religieuse et d'engagement dans les luttes pour l'indépendance de l'île. Campile est composé de plusieurs hameaux (Canavaggia, Antibia, Verghellu...) qui témoignent de l'organisation sociale ancienne où chaque groupe familial occupait un quartier spécifique de la montagne.

Le village s'est construit sur une crête dominant la vallée du Golo, une position stratégique permettant de surveiller les passages entre la côte et l'intérieur des terres. Au Moyen Âge, comme une grande partie de la Castagniccia, la région était sous l'influence de seigneurs locaux avant de passer sous l'administration de la République de Gênes. La vie s'articulait autour de la culture de la châtaigne (l'"arbre à pain"), qui a permis une forte densité de population dans ces montagnes pourtant escarpées.

Le XVIIIe siècle est la période la plus mouvementée pour Campile. Le village fut un foyer de résistance et de réflexion politique. Campile a activement soutenu Pascal Paoli. Les hommes du village ont participé aux nombreuses "consultes" (assemblées) qui ont mené à la création de l'État corse indépendant (1755-1769). En 1769, situé juste au-dessus du célèbre pont de Ponte-Novo, Campile a été aux premières loges de la défaite finale des troupes paolistes face à l'armée de Louis XV. Le village a d'ailleurs payé un lourd tribut lors de ces affrontements.

L'histoire de Campile est indissociable de son église, véritable joyau du baroque corse. Construite au XVIIe et XVIIIe siècles, elle témoigne de la richesse passée de la commune. Son clocher est l'un des plus hauts et des plus élégants de l'île. À l'époque génoise, la construction d'églises monumentales dans de petits villages isolés était une manière pour les communautés de manifester leur foi, mais aussi leur prestige social.

À l'instar de nombreux villages de l'intérieur, Campile a souffert de la Première Guerre mondiale et du déclin de l'économie castanéicole, entraînant un départ massif vers les villes (Bastia, Ajaccio) ou vers le continent et les colonies.

C’est ici que l’on fabriqua le premier couteau à lame longue que l’on nomme de nos jours « Vendetta ». Il est maintenant manufacturé un peu partout dans le monde et surtout en Chine pour être revendu… en Corse. Sa lame doit porter l’inscription « Che la mia ferita sia mortale ! », soit « Que ma blessure soit mortelle ! » …

Aujourd'hui, le village préserve jalousement son patrimoine. Il est devenu un lieu de villégiature recherché pour son authenticité, ses sentiers de randonnée et son panorama exceptionnel sur la plaine du Golo et la mer Tyrrhénienne.

Évaluation: 5 étoiles
3 votes