2B - Sant'Andréa-di-Bozio
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Sant’Andréa-di-Bozio est une commune de Haute-Corse au caractère bien trempé, nichée au cœur de la micro-région du Bozio. Son histoire est indissociable de celle de cette "terre de révolte" qui a souvent été le moteur des insurrections corses.
Contrairement à beaucoup de villages millénaires, la commune de Sant'Andréa-di-Bozio telle qu'on la connaît aujourd'hui est née d'une décision administrative sous le Second Empire. En 1857, elle est créée par la fusion de trois anciennes communes : Arbitro, Piedicorte-di-Bozio et Rebbia.
Elle est devenue le chef-lieu historique de la Pieve de Bozio, une division administrative et religieuse médiévale.
L'histoire du village s'inscrit dans celle d'une région farouchement indépendante. Sous l'impulsion de Sambucucciu d'Alandu, le Bozio a été le berceau du mouvement des Communes, visant à renverser les seigneurs féodaux (les Cortinchi) pour instaurer un régime plus populaire (1357). C'est à Bustanico, village voisin, que l'étincelle de la grande révolte contre Gênes a jailli (l'affaire de la bagiocca, une taxe perçue auprès d'un vieillard) (1729). Durant le XVIIIe siècle, Sant'Andréa a soutenu Pascal Paoli. Le couvent d'Alandu (tout proche) et la région servaient de refuge et c’est non loin d’ici que les chefs de la nation corse jetaient les bases de la Nation Corse.
Le monument le plus emblématique est l'église Saint-André, surnommée la « Cathédrale du Bozio ». Située à 870 mètres d'altitude au milieu d'une châtaigneraie, elle frappe par son isolement. Achevée vers 1721, elle possède un clocher impressionnant de 37 mètres, l'un des plus hauts de l'intérieur de l'île, qui servait de point de repère visuel dans toute la vallée. Son décor intérieur richement peint date de 1863, témoignant de la prospérité passée de la commune au XIXe siècle.
Le village a vu naître ou a accueilli des personnalités aux destins singuliers. Toussaint Manfredi nait à Sant'Andréa-di-Bozio en 1867 et décède en 1951 à Rosario en Argentine. Il fait fortune dans la production de céréales en ce vaste pays d’Amérique du Sud. Il offre alors à Corte une maternité en 1925, qui deviendra l’hôpital de Corte. Charles Thomas, Résistant FFI, s’est marié au village avant d'être fusillé par les Allemands en 1944.
Comme beaucoup de bourgs de l'intérieur corse (la Corsica di l'internu), Sant'Andréa-di-Bozio a payé un lourd tribut lors de la Première Guerre mondiale (37 morts pour ce petit village). Ce choc a accéléré l'exode rural.
Au milieu du XXe siècle, le village était encore si vivant qu'il comptait trois écoles pour plus d'une centaine d'élèves. Aujourd'hui, la commune compte environ 55 habitants permanents. Aujourd'hui, le village reste un gardien des traditions orales corses, notamment la paghjella (chant polyphonique) et la culture de la châtaigne, qui fut longtemps l'arbre à pain de la région.