2B - Cagnano
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Cagnano est un village de pêcheurs ayant subi les attaques incessantes des Barbaresques. Il occupe le versant Est d’une pré-montagne recouverte d’une intense verdure. La structure du village est particulière car elle ne possède pas de véritable "centre-ville" unique, mais une constellation de hameaux qui serpentent le long de la vallée, chacun ayant son caractère et son histoire propre.
Ce village raconte l'histoire d'une Corse résiliente, oscillant entre la protection de ses montagnes et l'ouverture sur la mer Méditerranée.
Historiquement, la vie à Cagnano s'est organisée autour de deux pôles : sa Marine (Porticciolo), petit port qui servait autrefois au commerce du vin, de l'huile d'olive et des céréales et les hameaux de l'intérieur. En effet, pour se protéger des incursions barbaresques (pirates) entre le XVe et le XVIIIe siècle, les habitants se sont installés sur les hauteurs. Des hameaux comme Ortale, Terre Rosse ou Carbonacce offraient une vue imprenable sur l'horizon permettant de guetter l'arrivée des assaillants.
Au Moyen Âge, Cagnano fait partie de la seigneurie des Da Mare, l'une des familles les plus puissantes du Cap Corse, basée à Rogliano. Plus tard, sous l'administration de la République de Gênes, le village participe à l'économie florissante de la péninsule.
C'est à cette époque que le patrimoine religieux se développe, avec notamment l'église Saint-Fridien (San Fidèle) et le couvent d'Oveglia. Fondé au XVIe siècle, ce couvent franciscain (aujourd'hui en ruines) était un centre spirituel et culturel majeur pour toute la microrégion.
Comme beaucoup de villages du Cap Corse au XIXe siècle, Cagnano a connu une forte émigration vers le Venezuela, Porto Rico et Saint-Domingue. Certains de ceux que l'on appelait les "Américains" sont revenus au pays après avoir fait fortune. Ils ont transformé le paysage architectural en faisant construire de somptueuses maisons de maîtres (les maisons d'Américains) et des tombeaux monumentaux qui bordent encore les routes du village.
Le hameau de Porticciolo mérite une mention spéciale. Il fut l'un des chantiers navals les plus actifs du Cap Corse. On y construisait des gondoles et des voiliers de cabotage réputés pour leur robustesse. Jusqu'au début du XXe siècle, le port était une fourmilière où s'échangeaient les produits de la vallée contre des marchandises venues d'Italie ou de Marseille.
De nos jours Cagnano est toujours un port de pêche actif puisqu’il est en troisième position dans le Cap-Corse.
Cagnano. Photo © François Fiette.