2B - Poggio-Marinaccio
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Mille ans nous séparent de l’édification de ce village. Il est de nos jours magnifiquement entouré par une nature généreuse. Malheureusement, cela ne suffit pas à maintenir une population constante qui a tendance à s’amoindrir chaque année.
Situé au cœur de la Castagniccia, dans la région de l'Orezza, Poggio-Marinaccio est un village qui respire l'histoire profonde de la Corse. Son passé est indissociable de la culture du châtaignier, de la ferveur religieuse et des luttes pour l'indépendance de l'île.
Le nom du village reflète sa composition. Historiquement, il s'agit d'une communauté structurée autour de plusieurs hameaux, dont Poggio (le sommet/la colline) et Marinaccio. Comme beaucoup de villages de Castagniccia, son implantation en hauteur répondait autrefois à des impératifs de sécurité (pour voir venir l'envahisseur, notamment les incursions barbaresques) et de salubrité.
Aux XVIe et XVIIe siècles, Poggio-Marinaccio participe à l'essor économique de la région grâce à la civilisation du châtaignier. La culture de la châtaigne permettait de nourrir une population dense, faisant de cette région l'une des plus peuplées de l'île à l'époque. Situé à deux pas des célèbres sources ferrugineuses des Eaux d'Orezza, le village a bénéficié de l'activité thermale et commerciale qui gravitait autour de cette vallée dès le XIXe siècle.
La région de l'Orezza était le cœur battant de la résistance contre la domination génoise. Poggio-Marinaccio se trouve à proximité immédiate du Couvent de Saint-François d'Orezza (Piedicroce), où se sont tenues les grandes assemblées (consultes) ayant mené à la rédaction de la Constitution corse par Pascal Paoli.
Le village possède l'église San Biagio (Saint-Blaise), qui témoigne de l'importance du culte baroque en Corse. Son clocher est typique de l'architecture religieuse de la région, imposant et élégant.
Comme le reste de l'intérieur de la Corse, le village a souffert de l'exode rural massif au XXe siècle, particulièrement après la Première Guerre mondiale. La population a chuté, mais le village a conservé son âme et son architecture authentique. Il est remarquable pour ses maisons hautes aux toits de lauzes (teghje) et ses ruelles étroites. C’est un point de passage privilégié pour ceux qui explorent la "Corse des origines". Loin du tumulte balnéaire, la commune est entourée de forêts centenaires qui reprennent peu à peu le dessus sur les anciens vergers de châtaigniers.