2B - Pietroso
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Le village situé en hauteur au centre de la Corse, d’origine médiévale, a conservé le pastoralisme et l’élevage au cœur de ses traditions.
Bienvenue dans l'un des villages les plus perchés du Fium'Orbu. Pietroso est une commune qui semble suspendue au-dessus de la vallée, offrant un panorama exceptionnel sur la plaine orientale. Son histoire, bien que discrète, est intimement liée à celle de la résistance corse et de l'agropastoralisme.
Le nom "Pietroso" vient du corse Petrosu, signifiant "pierreux", en référence au sol rocheux et escarpé sur lequel le village a été bâti.
Au Moyen Âge, le village faisait partie de la piève (circonscription religieuse et administrative) de Castello. Il était sous l'influence des puissants seigneurs de la famille Cinarca, qui se disputaient le contrôle de l'île avec la République de Gênes. Sa situation en hauteur servait de poste de surveillance naturel pour guetter les mouvements venant de la côte, souvent menacée par les incursions barbaresques.
Durant les siècles de domination génoise, Pietroso était une communauté rurale vivant essentiellement de la culture de l'olivier et de l'élevage. L'église paroissiale Saint-Laurent, au cœur du village, témoigne de cette époque. Elle a été reconstruite et modifiée au fil du temps, mais elle reste le pivot social et religieux de la communauté.
Jusqu'au XIXe siècle, la vie était rythmée par la transhumance. Les bergers de Pietroso descendaient leurs troupeaux vers la plaine d'Aleria durant l'hiver et remontaient au village et dans les montagnes environnantes pour l'été.
Le XIXe siècle a marqué un tournant pour la région avec l'exploitation des ressources naturelles. En effet, les environs de Pietroso et de la vallée du Fium'Orbu ont connu une activité minière (cuivre, fer et plomb argentifère). Bien que les mines n'aient pas toutes été situées sur la commune même, elles ont dynamisé l'économie locale. Le bois de la forêt de Rospa-Sorba a été intensément exploité, notamment pour la construction navale et le charbon de bois.
Pietroso occupe une place d'honneur dans l'histoire contemporaine de la Corse. Durant la Seconde Guerre mondiale, le relief accidenté et les forêts denses autour du village en ont fait un haut lieu du Maquis et de la Résistance. Les patriotes corses utilisaient les sentiers de Pietroso pour acheminer des messages et des armes entre la côte et l'intérieur de l'île. En septembre 1943, les habitants de la région ont activement participé au harcèlement des troupes allemandes en retraite vers le nord, contribuant à faire de la Corse le premier département français libéré.
Aujourd'hui, le village préserve son caractère authentique avec ses maisons hautes en pierre locale et ses ruelles étroites (les carrughji).
La fête patronale de la Saint-Laurent (San Lurenzu), le 10 août, qui reste le moment fort de l'année où la diaspora du village revient sur ses terres pour célébrer ses racines.